

Collégiale Saint-Feuillen de Fosses-la-Ville
La collégiale Saint-Feuillen à Fosses-la-Ville
Eglise remarquée
A partir d’un monastère de moines irlandais « Scots » fondé par saint Feuillen en 651,
une église a été construite pour accueillir les pèlerins et les paroissiens locaux. A l’époque
carolingienne, cette église agrandie a laissé quelques traces ; mais vers 890 le domaine de
Fosses est confié par Lothaire II à sa fille Gisèle qui le revend à l’évêque de Liège et celui-ci
transforme le monastère en un chapitre de 30 chanoines : l’église devient collégiale (vers
910) et Notger construira une première grande église romane vers l’an 1000. Elle sera
agrandie vers 1090 par une tour à l’ouest et une crypte hors-chœur à l’est. Après divers
avatars (incendies, pillages), la collégiale sera remaniée de 1721 à 1728 dans l’état actuel,
sinon que le toit roman a fait place, en 1708, à une flèche d’ardoise typique.
Saint Feuillen
Feuillen est un moine irlandais né vers 590 dans le Connemara ; devenu moine avec ses frères, il s’expatria d’abord en Angleterre, à Cnoberesburg (actuellement Burg Castle, Norfolk), puis sur le continent : il fut accueilli à la cour du maire du palais Pépin de Landen dont la veuve Itte et sa fille, Gertrude*, concédèrent aux moines « Scots » le « domaine de Bebrona* », vallée de la petite rivière qui traverse la ville et se jette dans la Sambre à
Auvelais.
Ce monastère, avec « hospice » ou maison d’accueil, fut à la base d’une petite agglomération.
F e u i l l e n , m i s s i o n n a i r e , c o n t i n u a i t s e s pérégrinations et ainsi, le 31 octobre 655, il partit de Nivelles et, dans la Forêt Charbonnière, près du Roeulx, fut dévoyé par des bandits qui le massacrèrent avec trois compagnons. Son corps ne fut retrouvé que 77 jours plus tard et ramené à Nivelles puis à Fosses où il devint objet de vénération.
La collégiale
L’architecture extérieure de la collégiale Saint- Feuillen présente des constructions romanes* en pierres calcaires, parfois mêlées de grès, et des parties plus modernes de briques. La tour massive, de style ottonien* mosan, du 11e siècle, est encadrée de deux tourelles circulaires et la flèche est caractéristique. Elle contient quatre cloches, dont Maria, 900 kg, de 1460, et Pinpin, de 1544, et un carillon de 19 cloches qui donne les heures sur un air des Chinels
Intérieur de la collégiale.
Après plusieurs incendies et pillages, la collégiale fut reconstruite dans son état actuel par Mathias Clerckx, abbé, en 1721. Chaire de vérité du seizième siècle, sculptée. On ne voit malheureusement pas les remarquables grilles en dinanderie qui ferment le chœur et sont oeuvre des frères Nalinnes, orfèvres à Dinant, en 1756, ni les stalles magnifiques (1524). Le grand panneau de l'autel (1718) provient de l'abbaye de Floreffe. A gauche et à droite, on aperçoit les entrées de la « crypte hors chœur », unique en Belgique.
La crypte hors-choeur
En 974 arrive à la tête de l’évêché de Liège un homme remarquable et grand bâtisseur : Notger. Il fait agrandir l‘église presque à ses dimensions actuelles. Lors de l’élévation des reliques de saint Feuillen par l’évêque Henri de Verdun, en 1086, et pour favoriser le déroulement des pèlerinages, on décida de reculer le chevet et ses trois absidioles en construisant une « crypte hors chœur » avec un déambulatoire, permettant aux pèlerins un mouvement circulaire dans la collégiale (les 3 tours traditionnels), tout en passant sous les reliques du saint, placées dans un autel supérieur, selon la tradition des cryptes ; mais ici, il a suffi de contourner le chœur, ce qui a donné une crypte « hors-chœur », la seule qui subsiste encore en Belgique. Pour les chanoines, un escalier permettait d’approcher les reliques et l’autel ; on redescendait dans le crypte de l’autre côté, à présent fermé.
Les absidioles romanes (XIe s.) ont conservé leur fond en cul-de-four, sauf celle du centre qui fut agrandie en 1655 en style gothique : elle servait aux réunions de la Confrérie Notre-Dame depuis le XIIe siècle. En 1999 et 2001 deux petites fenêtres ont été ornées de vitraux représentant saint Feuillen et sainte Gertrude. Les piliers massifs et les voûtes romanes ont été enduites de crépi au début du XXe s.
LA COLLEGIALE
Magnifique bâtisse à l’emplacement d’un ancien monastère irlandais, la Collégiale Saint-Feuillen vous ouvre ses portes et vous fait découvrir son riche passé…
En entrant dans le porche, vous pourrez découvrir une miniature, ébauche d’un monastère à l’image de ceux que les moines irlandais construisaient au VIIe siècle dans leur pays et probablement semblable à celui qui fut édifié à Fosses pour abriter saint Feuillen et ses compagnons, et servir de maison d’accueil à l’usage des missionnaires irlandais qui continuaient de venir sur le continent et parcouraient nos régions.Dans les toutes premières années du Xe siècle, le monastère fut cédé à une princesse carolingienne, Gisèle (Kisala), fille naturelle de Lothaire II, qui le donna à l’évêque de Liège, et vers 910, celui-ci transforma ce monastère en chapitre de chanoines. La collégiale comporte 4 parties principales : la tour et la crypte romanes (fin du XIe s.) ; le vaisseau et le chœur (refaits en 1721).
I – UN BATIMENT HISTORIQUE.
C’est donc saint Feuillen et ses moines « Scots » irlandais qui, en 651, ont implanté un premier oratoire, très probablement à l’emplacement même de la collégiale actuelle. Une église en pierre a remplacé ce petit lieu de prière monastique, mais la seule indication précise que l’on ait d’une véritable église date de l’époque de Charlemagne, vers 800 : des fouilles du professeur Mertens en 1952 en ont décelé des traces. Rappelons qu’en 907 le domaine des moines irlandais est cédé à l’évêque de Liège qui, peu après, remplace les moines par un chapitre de chanoines : l’église devient donc à la fois collégiale (pour le collège de chanoines) et paroissiale. Et vers l’an 1000, l’évêque Notger l’agrandit en une vaste église de style roman. Elle sera encore allongée après 1098, lorsque l’évêque Henri de Verdun vint reconnaître officiellement le culte de saint Feuillen : une tour massive à l’ouest, une crypte « hors-choeur » (autour et non en-dessous du chœur) à l’est, destinée surtout aux pèlerins, avec trois petites chapelles ; celle du centre sera agrandie dans son aspect actuel en 1655. Enfin, lors d’une profonde restauration de 1721 à 1728, on ajoute deux chapelles de chaque côté du transept. L’architecture n’a plus changé depuis.
Notre collégiale comporte donc une tour romane du XIe siècle ; un « vaisseau » du XVIIIe, un chœur de style baroque de 1723, avec stalles pour les chanoines, et une crypte du XIe siècle.
Si les murs extérieurs n’ont pas changé, le « vaisseau », le centre de l’église, a subi bien des avatars et des destructions par suite d’incendies ou de faits de guerre. Ainsi, en 1174 déjà, et en 1333, l’église est ravagée par un incendie ; puis encore en 1408 par le sire de Jeumont, en représailles de la révolte des Fossois contre le prince-évêque. Elle est fort endommagée aussi en 1568 par les Huguenots français. La toiture eut encore à subir des dégâts à maintes reprises : ainsi par un ouragan en 1876.
Travail communiqué par Jean Romain – historien de Fosses
II – LA TOUR.
La tour de notre collégiale est donc romane : elle date de la fin du XIe siècle, peu après qu’en 1086 l’évêque Henri de Verdun fut venu officialiser le culte de saint Feuillen. C’est un « westbau », construction massive de l’ouest, dans le style ottonien rhénan (des rois de Germanie les Otton), formé d’une grosse tour carrée avec deux tourelles semi-circulaires. Le bas est en pierres calcaire, le haut a été remanié au XIVe siècle, mélangeant calcaire et grès. La tourelle sud (place du Chapitre) est d’une seule venue tandis que celle du nord est coupée de cordons horizontaux. La face ouest montre trois contreforts au niveau de chaque étage intérieur. La flèche d’ardoises, de forme typique, date de 1708, remplaçant un toit roman à quatre pans.
C’est d’évidence une tour de défense, aux murs épais (1 m. 30) avec meurtrières aux tourelles, sans fenêtres dans le bas. Elle constituait une partie des remparts dont le prince-évêque Notger (974-1008) a entouré l’encloître du Chapitre. Il avait voulu faire de Fosses une place forte, face aux comtés de Namur et de Hainaut.
A l’intérieur, le rez-de-chaussée servit d’église paroissiale de 1318 à 1723 : le sol était 90 cm plus bas que le niveau actuel, avec un autel central, un autre sous le jubé actuel et les fonts baptismaux : c’est dire si les paroissiens y étaient à l’étroit ! Ils y entraient par une porte ouverte dans la façade ouest, maintenant fermée par une arcade dans laquelle on peut admirer un beau groupe « Mise au tombeau » du XVIe siècle (Christ étendu entre Joseph d’Arimathie et Nicodème, devant la Vierge, saint Jean et trois saintes femmes, dont une a été volée vers 1975). Cette « chapelle de semaine » était donc un chœur occidental, fait assez rare (aussi à Nivelles, Liège, et Cologne).
La tourelle sud donne accès au jubé. Mais avant le XIVe siècle, l’escalier se prolongeait jusqu’à une tribune ouverte sur la grande nef, d’où on pouvait suivre les offices des chanoines dans le chœur. La voûte de cette tourelle est d’un appareillage rustique, fait de pierres de schiste dans un épais mortier. Il reste quelques traces d’ancrage d’un escalier.
La tourelle nord mène au clocher par un escalier de 116 marches. Au niveau du 1er étage, une ouverture et 13 marches donnent accès à cet étage des sonneurs, quand les cloches étaient encore actionnées par des cordes ; on y voit le « beffroi », du bas-latin belfredum, tour de bois en haut duquel sont suspendues les cloches qui ainsi ne sont pas en contact avec les murs que les vibrations auraient pu fissurer (les anciens qui ont fait leur service militaire savent que pour passer sur un pont il fallait aussi « rompre la cadence : c’est le même principe). Au 2e étage, une porte donne accès à « la forêt » : un enchevêtrement de poutres, remarquable travail de charpenterie pour la toiture de la grande nef. Enfin, le 3e étage est celui des cloches, avec deux fenêtres en plein cintre garnies d’abat-sons pour transmettre le chant des cloches. Au côté est (au-dessus de la nef), deux fenêtres de beau style roman sont jumelées (géminées). L’accès à la flèche se prolonge par une série d’échelles rudimentaires, en passant au niveau des cadrans de l’horloge et jusqu’à la pointe terminale.
Travail communiqué par Jean Romain – historien de Fosses
III. – LES CLOCHES.
« Grimper au clocher d’une église, voir et toucher les cloches cause toujours une émotion certaine car, consacrées, elles sont en quelque sorte « sacrées ». Si de plus nos cloches sont anciennes et ont une histoire, elles deviennent proches, on en vient à les aimer vraiment ».
Ainsi s’exprimait le doyen Crépin au sujet de nos cloches dont il avait étudié l’histoire qu’il racontait avec fierté. Au 3e étage de la tour romane, qui remonte au XIe siècle, il nous en reste quatre, dont deux sont vraiment anciennes : 1460 et 1544 ; les deux autres sont de 1954.
L’histoire connue de nos cloches remonte à 1302, à propos d’une petite révolution locale des bourgeois à qui les chanoines voulaient imposer la construction d’une église dans la ville. « A cloche sonnée », bourgeois et manants se sont rassemblés contre les chanoines et aussi contre le prince-évêque Adolphe de Waldeck. C’est la première mention d’une cloche civile au clocher, et en représailles de cette révolte, cette « banclocque » fut brisée ! La « Lettre del Paix » de 1318 leur rendit l’usage partiel de la collégiale (le bas de la tour) pour les offices paroissiaux, et même l’usage d’une cloche du Chapitre comme cloche banale. Mais en 1409, la ville est incendiée par le comte de Hainaut et même l’église : les cloches sont perdues. On en retrouve 6 en 1426 : Foillana et Maria, appartenant au Chapitre, quatre petites « skilettes » pour la paroisse et la banclocque ou cloche de stourme (ou de tempête) pour la ville : elle pesait 1650 kg !
Les guerres, l’usage (il arrive que les cloches se fendent et sont donc inutilisables) suscitent de temps à autre le remplacement des cloches. Un nouvel accord, en 1544, permet d’apporter plus de concordance entre les cloches : on note alors la Petite Marieou Pinpin, 145 kg ; Ultaine, 227 kg ; Lambert 260 ; Gertrude et Fursinne, anciennes et de poids non indiqué. La « cloche de stourme » devait être alors Marie, 700 kg, de 1460 mais refondue en 1460 avec 900 kg.
Au XIXe siècle (après la Révolution française), il nous restait 4 cloches : Marie, Feuillenne (590 kg, refondue en 1873), Lambert (370 kg, de 1544 mais refondue plus tard) et la Petite Marie.
Lors de la seconde guerre mondiale, les 6 et 7 août 1943, les Allemands font enlever les trois plus grosses cloches, il ne restait au clocher que la vaillante petite Pinpin. Mais en janvier 1944, après intervention du doyen Piérard, l’occupant nous renvoyait Marie comme cloche historique (de 1460). Les deux autres, expédiées à Hambourg via Anvers, furent fondues, comme des milliers de nos cloches. Toutefois, le 7 novembre 1954, Mgr Charue, évêque de Namur, venait consacrer deux nouvelles cloches qui reçurent les noms des disparues : Feuillenne eut pour parrain et marraine le Dr Boxus et Mme Loix ; pour Lambert, ce furent M. Delvigne et Mme de Pierpont. Elles rappellent que « Georges Slegers, fondeur à Tellin, leur fait chanter la gloire de Dieu ».
Nos cloches furent électrifiées en 1967 : des moteurs remplaçaient les cordes pour les actionner. Ainsi disparaissait un séculaire et traditionnel vestige de l’animation de notre clocher.
Travail communiqué par Jean Romain – historien de Fosses
III. (suite) – LE CARILLON.
Notre vénérable tour romane du XIe siècle contient davantage que quatre cloches : Mme Delmotte, en 1934, nous a dotés d’un carillon, fait assez rare que pour être signalé haut et fort. Lui aussi a son histoire que nous vous contons ici.
Dès 1619, le Chapitre et la commune avaient conclu un accord pour s’offrir le luxe d’un carillon : il apportait à notre cité un air de gaieté bien typique. Mais on ne sait pas de combien de cloches il se composait, ni quand il disparut. Le seul indice de son existence est une lettre de M. Letor, directeur de l’Ecole Moyenne, par laquelle il reconnaît que la paroisse lui a confié « en prêt », en 1856, une petite cloche de ce carillon de 1619 Hélas, elle a disparu…
Ce premier carillon était actionné par un « tambour » commandé par une horloge qui existait déjà en 1572 et dont le cadran figure encore dans le jardinet du presbytère. Le poids en pierre de cette horloge se voit toujours dans un coin du 1er étage de la tour.
Le doyen Crépin (1912-1936) regrettait l’absence de carillon dans notre clocher. Un jour d’octobre 1931, il donna, du haut de la tour, un concert de carillon enregistré et diffusé par des hauts-parleurs. L’idée était lancée et en décembre 1933 le doyen rencontrait Mme Delmotte-Lemaître, fille d’un ancien bourgmestre de Namur et de mère fossoise : elle lui annonçait son désir d’offrir un carillon à la ville. Le projet était de 14 cloches et une horloge à quatre cadrans ; le mécanisme, de fabrication suisse, était commandé par un poids remonté électriquement toutes les deux heures. Il fallut construire un chevalet spécial pour la suspension des cloches, reliées à l’horloge pour les sonneries automatiques chaque demi-heure, mais aussi un clavier manuel à bâtons, renfermé dans une cabine de bois. Chaque cloche porte le nom d’un membre de la famille de Mme Delmotte et elles donnent un octave et demi. La bénédiction solennelle eut lieu en la collégiale, le 9 septembre 1934, par Mgr Lamy, abbé de Tongerloo et enfant de Fosses. L’installation au clocher fut réalisée par l’abbé Molitor, professeur au Séminaire de Floreffe et spécialiste de carillon, avec deux aides. M. Léon Henry, carillonneur de Nivelles, donna un concert le 9 septembre. Comme, de l’avis des spécialistes, le nombre de cloches était insuffisant pour ce type de concert, Mme Delmotte accepta d’en rajouter cinq. Les 19 cloches sont sorties de la fonderie Michiels, de Tournai et permirent à M. Dewez, organiste de la collégiale, de présenter de nombreux concerts de carillon à la population fossoise. Au départ, pour les sonneries des heures et des demies, l’abbé Molitor avait installé un tambour à picots donnant un air composé par l’abbé Jacqmain, maître de chapelle à Floreffe. Plus tard, à la demande de nombreux Fossois, MM. Jules Dewez, organiste, et Franz Nulens, horloger, transposèrent sur ce tambour des extraits de l’air des Chinels, notre typique chanson fossoise. Comme tout mécanisme, le carillon subit des avaries, notamment arrêté durant la guerre 40-45, faute d’entretien ; remis en marche en 1946 pour les grandes festivités de la Fête-Dieu, arrêté encore de 1972 à 1975, il subit alors les réparations nécessaires.
Ainsi, aujourd’hui, notre petit carillon lance ses notes claires et joyeuses par-dessus les toits de notre vieille cité, pour le plus grand bonheur des habitants et des visiteurs.
Travail communiqué par Jean Romain – historien de Fosses
IV. - L’INTERIEUR DE LA COLLEGIALE
Une croix irlandaise, plantée en 1998 devant le porche de la collégiale, rappelle par une inscription sur son socle que « En 651, saint Feuillen implanta ici le premier monastère irlandais de notre pays ».
Cette croix « celtique » est donc un trait d’union de 1350 ans entre la croix que planta Feuillen en arrivant chez nous, et la vénération que lui voue encore aujourd’hui la population. Elle témoigne des origines irlandaises de la fondation fossoise, teintées de celtisme : croix inscrite dans un cercle, symbole d’énergie solaire et d’éternité, roue de la Vie, dans l’union du Ciel et de la terre dans la verticalité de la croix et de la fraternité humaine pour la branche horizontale.
Cette vénérable collégiale, enchâssée au cœur d’un entrelacs de rues et de ruelles séculaires, est donc le témoin d’une longue histoire à travers les siècles.
On ne sait plus rien, bien sûr, de ce que fut le premier oratoire ou la première église du VIIe siècle. Des fouilles du professeur Mertens en 1952 ont par contre permis de retrouver traces de constructions mérovingiennes (un petit pan de mur) et les contours d’une église de l’époque de Charlemagne (800). Et aussi, ce qui est primordial, d’une première grande église romane, aux dimensions actuelles, datant de l’an 1000 environ et donc due sans doute au prince-évêque Notger. C’était déjà une collégiale puisque, vers 910, alors que le domaine de Fosses était passé sous la juridiction de l’évêque de Liège, celui-ci remplaça le monastère irlandais (sans doute délaissé) par un Chapitre de 30 chanoines. Un siècle plus tard, après que l’évêque Henri de Verdun fût venu reconnaître officiellement le culte de saint Feuillen en 1086, on organisa les pèlerinages circulaires passant sous les reliques en ajoutant, aux extrémités de la collégiale la grosse tour massive carrée, de style ottonien-rhénan, et la crypte hors-chœur au chevet. La plus importante modification architecturale se fera au XVIIIe siècle : d’abord, la flèche du clocher qui date de 1708, puis, de 1721 à 1728, le chœur est refait par Mathias Clerckx, prévôt (représentant) de l’évêque, et deux chapelles sont ajoutées au transept.
De cette époque aussi date la grande nef, de style Renaissance classique, formée de 3 nefs de 4 travées. Du centre, la vue vers le chœur est prestigieuse. Il faut noter d’abord que l’édifice n’est pas exactement orienté mais dévié de 19° vers le sud : les constructeurs du XIe siècle ont voulu s’aligner sur un important courant tellurique qui marque tout l’axe central de l’église, rectiligne et jumelé à un courant d’eau souterrain, exactement parallèle. Cette implantation n’est pas le fruit du hasard ! Plusieurs « puits telluriques » de haute vibration y ont été détectés.
L’intérieur de la collégiale est donc partagé en quatre parties : le bas de la tour, les nefs centrales, le chœur et la crypte. Le bas de la tour sert actuellement de chapelle de semaine ; elle fut le lieu de l’église paroissiale de 1318 à 1723. Dans la niche, vestige de la porte d’accès occidental pour les paroissiens, se voit un beau groupe de « Mise au tombeau » du milieu du XVIe siècle. Selon les directives du Concile Vatican II, le podium et l’autel sont à présent au coeur de l’assemblée. L’autel cubique, dont les faces sont d’un beau travail de dinanderie dû à notre artiste local Marcel Nulens, présente des scènes de la vie de saint Feuillen ; avec le beau mobilier moderne, dessiné par Mathurin Smoos, est orné de triskèles celtiques et date de 1986. Les quatre confessionnaux ont été réalisés en 1911 par les ateliers d’ébénisterie Durieu-Gahide de Tournai.
Travail communiqué par Jean Romain – historien de Fosses
V. – LE JUBE ET LES ORGUES.
Dès la première collégiale notgérienne (vers l’an 1000), la clôture du chœur des chanoines, en colonnades latérales, était surmontée à l’entrée par une tribune sur plusieurs arcades, d’où le diacre lisait l’Evangile. En effet, le mot « jubé » vient de l’invocation latine « Jube Domine benedicere… » soit : « Veuille Seigneur bénir celui qui va proclamer ta Parole ». Ce n’est que plus tard que ce jubé désigna la tribune aux orgues. On y montait par un escalier double, en spirales, placé aux extrémités.
Avant la restauration du chœur de la collégiale par Mathias Clerckx, en 1721, un jubé de marbre se trouvait à la clôture du chœur, en lieu et place de la clôture de marbre actuelle ; il était, disent les archives, d’une grande beauté et richement orné de statues de jaspe et d’or mais en 1568 les Huguenots français avaient « desmoli et abattu le doxal ou jubilé faict de pierres blanches d’ouveraige exquis et beau et embelly de plusieurs images (statues) peinctes d’or, d’azure et aultres couleurs… »
On sait que le mot « doxal » désigne encore, en wallon, le jubé appelé par erreur ici « jubilé ». Cette œuvre d’art abattue fut remplacée par un jubé de chêne, plus simple, avec balustrade garnie de deux « pots à feu » réalisé par un atelier namurois en 1570 et placé encore entre le chœur et la nef.
Au début du XVIIIe siècle se répandit l’usage de placer les jubés au fond de l’église, et non plus à la limite du choeur. A Fosses, cela se fit donc assez tôt, lors de la restauration de 1721-1728. Les archives de l’Etat à Namur gardent d’ailleurs le cahier des charges de cette restauration, intitulé « Marché fait avec maître Pacquier Barbier touchant la réédification de l’église de Fosses » :il est daté du 4 février 1723. On a donc récupéré des parties de ce jubé de 1570, notamment la balustrade que nous voyons encore.
Les orgues actuelles sont-elles celles qui ont remplacé les premières, que les protestants français avaient « desrompues » ? Le buffet, de très jolie facture avec ses colonnes, ses sculptures et tuyaux de montre, semble dater du XVIIe ou XVIIIe siècle. Il est surmonté de deux angelots de chêne qui ressemblent étrangement à ceux des stalles du Floreffe faites par Pierre Enderlin de 1632 à 1648. Les comptes communaux évoquent des gages donnés au « joueur d’orgue » en 1560, ainsi que ceux du « souffleur d’orgue » car l’air nécessaire était fourni par un soufflet de cuir actionné à la main. Mais aucun document ne permet de nous renseigner sur l’origine ni la date d’installation.
Rien non plus ne nous parle de l’entretien de cet orgue au cours des siècles. En 1928, le facteur d’orgues Delmotte, de Tournai, ajouta 28 jeux pour compléter l’harmonie d’un instrument jugé de valeur mais incomplet. Il comportait à l’époque un clavier de 48 notes avec jeux de bourdon, prestant, doublette, fourniture, montre, salicional, flûte et flûte ouverte, et au pédalier 27 notes avec sous-basse et principal. Un nettoyage avec réparations se fit encore en 1938. En 1942, le doyen Blaimont fit refaire un nouveau clavier double et remplacer le soufflet manuel par une soufflerie électrique.
Nouvelle restauration en 1969 par la maison Thomas, de Ster-Francorchamps. Les 872 tuyaux furent répartis sur 13 registres : 6 au « grand orgue », 5 au « récit expressif » et 2 au pédalier. Les facteurs d’orgue ont gardé les tuyaux anciens qui pouvaient être réutilisés, notamment 5 jeux du bourdon et de la flûte ; qui doivent dater du XVIIIe siècle.
Déjà en 1931, les orgues de Fosses avaient fait l’admiration du maître Joseph Bonnet, organiste de l’église Saint-Eustache à Paris. Nous pouvons donc en être fiers.
Travail communiqué par Jean Romain – historien de Fosses

VI. – LE CHŒUR.
Notre collégiale, classée comme église romane en 1941 par la Commission royale des Monuments et Sites, comporte pourtant plusieurs styles : roman pour la tour et la crypte ; renaissance classique pour les nefs ; baroque pour le chœur.
Chaque église possède un chœur mais celui d’une collégiale était le siège des chanoines et à Fosses, l’évêque de Liège avait voulu un Chapitre important : 30 chanoines (alors que celui de Namur n’en avait que 18, Dinant 12, Walcourt 8), et cela dès 910 environ. Pour leurs offices, ils prenaient place dans des stalles et celles que nous possédons toujours datent de 1524. Comment était le chœur à cette époque ? Nous n’en savons rien. Le chœur tel qu’il est actuellement date de la grande restauration de 1721, comme l’indique un cartouche au plafond : « Le très illustre et révérendissime Seigneur Mathias Clerckx, chanoine et écolâtre de l’église cathédrale de Liège, archidiacre du Condroz, prévôt de Fosses, seigneur d’Aigremont et des Awirs, a fait réédifier ce chœur en l’an 1721 ».
C’est en effet le prévôt, représentant religieux du prince-évêque, qui était chargé de l’entretien (et donc des transformations) du chœur de notre collégiale, et cela « de temps immémorial » disait-on déjà dans une charte de 1442.
Le maître-autel, de 1573, porte un antependium de chêne sculpté à l’image de la Vierge dans un décor floral, provenant de l’abbaye de Floreffe et daté 1718. Il est surmonté d’une haute construction de bois, œuvre du sculpteur Bayart, formé de deux groupes de trois colonnes encadrant un tableau de l’Assomption de Marie, du peintre liégeois Fisen (1730) et au sommet la colombe du Saint Esprit rayonnante. De part et d’autre, deux statues de chêne achetées à Namur en 1624 : le Christ appelant l’humanité et une Vierge à l’Enfant. En-dessous, deux niches : l’une garde le Buste reliquaire de saint Feuillen, en argent ciselé du XVIe siècle avec piédouche de 1699, contenant le crâne du saint tandis qu’une petite fenêtre laisse voir une autre relique ; le verre peut être remplacé par une pièce d’orfèvrerie, filigrane et nielle, provenant d’un reliquaire de 1232 réalisé par Hugo d’Oignies. Dans la niche de droite, une châsse de 1802 : plaques d’argent sur âme de chêne et dont les deux pentes du toit sont ornées de motifs d’argent ciselé provenant d’une châsse du XVIe siècle : l’un représente saint Feuillen encadré d’un chanoine et d’une religieuse, l’autre la Vierge entre un chevalier et une dame agenouillée. Deux portes donnent accès à la tribune du XIe siècle portant l’autel dédié à St Feuillen (à présent disparu) ; ce fut longtemps la sacristie.
A gauche, une tourelle eucharistique, tabernacle séparé de l’autel : une belle œuvre du sculpteur Bayar (1731) : la porte est décorée d’un calice avec hostie surmontant un pélican nourrissant ses petits de son sang (symbole du Christ) et le meuble est surmonté d’un baldaquin aux montants torsadés. Le banc de communion a été réalisé en 1911 par les ateliers Durieu-Gahide de Tournai.
La clôture du chœur, en marbre de Rochefort, est due à Lambert Clerckx, neveu de Mathias et prévôt après lui. Elle est l’œuvre du marbrier dinantais Hubert Boreux en 1757 et a donc remplacé le jubé de bois de 1570.. Le double monument porte, au sommet, deux aigles (armoiries des Clerckx) de laiton avec objets liturgiques et têtes d’angelots, dinanderies de 1756. La grille de fermeture est un véritable chef-d’œuvre de dinanderie, « fait par les Nalines à Dinant l’an 1756 ».comme l’indique un petit cartouche au bas de la porte de droite. Ces Nalines sont aussi très probablement les auteurs des deux aigles du haut qui, dans le projet, devaient être de marbre blanc.
Travail communiqué par Jean Romain – historien de Fosses
VII. – LES STALLES.
Les stalles sont « des sièges en bois, à dossier haut, garnissant les deux côtés de certaines églises, notamment les collégiales où siégeait autrefois un collège de chanoines ». Le siège est relevable et muni d’une console habituellement sculptée, sur laquelle la personne peut s’appuyer, quand le siège est relevé, tout en ayant l’air d’être debout : c’est pourquoi on lui a donné le nom de « miséricorde » : une faveur accordée aux vieux serviteurs de l’Eglise pour les longs offices…
Du XIIIe au XVIe siècle, il était de coutume de laisser la décoration des stalles (ou du moins des miséricordes) à la fantaisie de l’artiste « ymagier » (sculpteur). On y trouve ainsi presque partout des personnages difformes, des monstres grotesques, des scènes d’activités populaires ou des animaux courants : il semble que tous les artistes, même sur plusieurs siècles, ont puisé dans un fonds commun d’allégories où l’humour et la dérision pouvaient se donner libre cours. Le plus souvent, les auteurs sont restés anonymes. Pour Floreffe toutefois, on sait qu’elles ont été réalisées par Pierre Enderlin, de 1632 et 1648. Mais celles de Fosses leur sont antérieures de plus d’un siècle : le Cartulaire du Chapitre nous apprend ainsi que « L’an 1524, au mois de jung furent assises les formes en l’église St-Foilhin ».Le terme « forme » (foûmes en wallon) désigne des stalles. Mais l’auteur reste inconnu.
Ainsi, depuis bientôt 500 ans, que de chanoines, de prêtres, d’hommes et de jeunes gens ont pris place dans nos stalles et sont maintenant dans l’éternité, alors que nos stalles sont toujours là, dans leur beauté architecturale et sculpturale !
Mais avant 1524, qu’en était-il ? A vrai dire, nous n’en savons rien, mais il est certain que, dès la fondation d’un Chapitre de chanoines au début du XIe siècle, le chœur s’ornait de stalles. Sans doute très simples, rangées le long d’un mur bas surmonté d’arcades séparant le chœur du déambulatoire. En 1568, les Huguenots français, entre autres dégâts à l’église, abîmèrent les stalles et pour leur réparation le Chapitre paya en 1570 « à Ernoux du Chenne V sols », et un peu plus tard encore 2 florins 30 sols pour 7 sièges nouveaux. Plus tard, au cours du temps, deux panneaux avaient particulièrement souffert, sans doute rongés de vermine : en 1910, le doyen Mallar fit refaire trois panneaux par les ateliers Durieu-Gahide, de Tournai (aussi auteurs du banc de communion et des confessionnaux).
Les stalles du Chapitre de Fosses comportent 60 stalles : 36 « hautes » (rang du haut) et 24 « basses » (au niveau du sol du chœur). Elles s’étalent sur 12 m. 67 de chaque côté mais n’ont pas, comme celles de Floreffe, de hauts-dossiers ni ne pinacles sculptés de statues. Elles sont pourtant de merveilleuse facture et les 8 panneaux des entrées présentent des scènes de la vie de saint Feuillen, tandis que les panneaux des coupures médianes offrent d’autres sujets. Outre ces panneaux sculptés par un « ymagier » de réel talent, les stalles sont valorisées par de nombreuses statues et ornements divers, que nous passerons en revue dans un prochain article..
Les 30 chanoines prenaient place (s’in-stallaient ) dans les stalles hautes (chacun avait la sienne), en réservant sans doute les 3 premières de chaque côté pour les hôtes de marque : religieux qui accompagnaient le prince évêque lors de ses visites, ou encore abbés des monastères voisins (Floreffe, Malonne), notamment ceux du Roeulx et d’Oignies qui dépendaient du Chapitre fossois, où ils étaient fréquemment reçus.
Examinons à présent la succession des sujets des panneaux sculptés de nos admirables stalles. Chacun est placé dans un cadre gothique sobre et riche à la fois.
Ceux des extrémités présentent huit scènes (parfois légendaires) de la vie de notre patron, mais l’ordre chronologique n’est pas toujours respecté. D’abord, à gauche en entrant dans le chœur : le baptême des trois frères : Fursy, Feuillen et Ultain par saint Brendan ; et à côté : le sacre de Feuillen comme abbé ou évêque par un saint abbé (de Clonfert ?). Au bout, près du banc de communion : la « dormition » : Feuillen, assassiné, est couché, en habit et mitre, avec deux compagnons, dans une sacristie car on y voit deux burettes (à Nivelles) : à côté, le pèlerinage de Feuillen à Rome où il est reçu par le pape Martin Ier, ce qui est totalement faux : Feuillen n’a jamais été à Rome ! On pense parfois au sacre comme évêque, mais, dans l’esprit de l’Eglise irlandaise d’alors, le titre d’abbé équivalait à celui d’évêque. – Pour le côté droit, on débute par le haut (côté banc de communion) : on y voit d’abord Feuillen et Ultain construisant une église ; et, même en habit religieux, ils portent de lourdes pierres. A côté : prédication de saint Feuillen : il est en chaire de vérité, en habit épiscopal et mitré, devant trois personnages et ce panneau est intéressant pour montrer les habits de cette époque (XVIe : celle de la sculpture), comme d’ailleurs pour le baptême. A l’entrée du chœur : le massacre dans la forêt du Roeulx et, à côté, le retour du corps à Nivelles : le cortège est ouvert par sainte Gertrude, dont le long manteau est griffé par une souris, attribut de la sainte ; le corps est déjà dans une châsse portée par Didon, évêque de Poitiers, et Grimoald, maire du palais, frère de sainte Gertrude ; on sait en effet que ces deux personnes étaient à Nivelles en janvier 756 lorsqu’on retrouva les corps des martyrs, et qu’ils les portèrent pour la rentrée à l’église..
Aux coupures médianes des stalles, les sujets sont variés et les panneaux habituellement doubles. Du côté gauche, on peut voir saint Pierre (à qui était dédié l’autel principal) et saint Paul, et en face : sainte Gertrude, abbesse de Nivelles (avec, encore une fois, une souris grimpant à sa crosse car elle était invoquée contre les invasions de rongeurs dans les campagnes) et saint Michel terrassant le démon : un tableau plein de vie ! – Au côté droit : sainte Barbe, reconnaissable à sa tour traditionnelle, et à côté un saint personnage non identifié : grande barbe, ample manteau et livre fermé. En face, une scène de l’Annonciation : l’ange Gabriel, doigt levé montrant le ciel, fait face à Marie, debout, tandis que la colombe du saint Esprit apparaît en haut à droite.
De nombreuses statuettes ornent tout l’étalement des stalles. Reprenons l’ordre de tout à l’heure : à gauche, depuis l’entrée dans le chœur, saint Joseph trône au coin à côté de la scène du sacre de saint Feuillen : il tient en main un lys et la hache de charpentier. De part et d’autre de la coupure médiane : saint Norbert, fondateur de l’ordre de Prémontré (avec Hugues de Fosses), et saint Vincent. Au coin supérieur (devant le banc de communion) : saint Ultain, en vêtement à capuchon car il passe (à tort) pour avoir suivi la règle bénédictine. Revenant par le côté droit : au coin côté banc de communion, un saint évêque martyr qui doit être saint Lambert, assassiné à Liège et patron du diocèse dont Fosses faisait partie : sa présence se justifie amplement. Aux coins de la coupure médiane : saint Erasme avec un treuil ou cabestan : ce saint très populaire est patron des marins ; et en face, sainte Julienne de Cornillon qui portait sans doute un ostensoir (disparu) mais reconnaissable à la lune barrée qui se voit à ses pieds. Enfin, au coin vers la sortie du chœur : un moine non identifié. Et en plus, à l’entrée des stalles, un roi couronné : saint Ferdinand du Portugal, statuette sans doute ajoutée là par le chanoine Ferdinand Mallar, qui fit restaurer nos stalles en 1910.
Ainsi, sans avoir la splendeur de celles de Floreffe, les stalles de Fosses sont d’une énorme valeur esthétique et méritent toute notre admiration.
Travail communiqué par Jean Romain – historien de Fosses
VIII. – LES TABLEAUX DU CHŒUR.
Parlons d’abord du tableau qui, jusqu’à cette année, trônait au-dessus du maître-autel (et qui est pour le moment gardé dans le transept sud pour expertise) : une Assomption de la Vierge attribuée au peintre liégeois Fisen, qui est aussi l’auteur des plans de la restauration du chœur de notre collégiale. Dans cette œuvre aux très beaux coloris, la Vierge s’élève vers les cieux parmi les chérubins tandis que les apôtres restent stupéfaits de l’événement.
Au-dessus des stalles, huit grands tableaux (3 m. sur 3 m. 60) évoquent des scènes (légendaires) de la vie de saint Feuillen. On a longtemps ignoré leur auteur, mais une étude (parue en 1987) de M. Albert Lemeunier, conservateur du Musée d’Art religieux de Liège, et une autre (2002) de Vanessa Krins, permettent de les attribuer à Henri Deprez, peintre liégeois (1720-1797), qualifié de « peintre le plus fécond de son époque », mais parfois aussi de « barbouilleur insigne » ; il fit un séjour à Rome à l’atelier de Corrado et, de retour à Liège, jouit de la faveur du prince évêque Charles d’Oultremont ; il réalisa de nombreuses peintures (on en connaît près de 70) pour différents établissements religieux de la principauté et pour plusieurs châteaux. Il mourut à Liège le 28 octobre 1797. C’est en 1765 qu’il peignit (sans doute avec des élèves) les tableaux du chœur de Fosses, ainsi que trois autres dans notre collégiale : Ste Julienne présentant sa requête au pape ; un Calvaire et la vision de saint Ultain.
Les tableaux du chœur se lisent à partir du haut, à droite puis à gauche. Le premier représente la mère de Feuillen condamnée au bûcher par son père, ayant « épousé en secret » un jeune prince étranger, mais une source miraculeuse jaillit du sol et éteint les flammes. En face : le baptême des trois frères à Inchiquin, représentés, comme au panneau des stalles et par facilité, comme des triplés, ce qu’ils n’étaient pas. Le 2e à droite figure l’accueil de Feuillen à Rome, une erreur historique. En face : il est accueilli par sainte Gertrude en son palais de Nivelles. Revenons à droite : le 3e de ce côté représente la construction d’une église, avec plusieurs erreurs historiques : il est en habit de chanoine, ses moines portent l’habit bénédiction, il dirige les travaux mais n’y participe pas, gardant les mains propres, et enfin l’église en cours est celle du XVIIIe siècle ! En face, c’est le massacre dans la forêt du Roeulx : il est en habit de chœur, avec chape et mitre (alors qu’il voyageait sans doute à cheval) ; deux bandits l’agressent, l’un s’apprête à lui trancher la tête avec son épée, tandis qu’un peu plus loin ses trois compagnons sont déjà à terre. Le 4e à droite, près de la grille du chœur, est la découverte du corps, la tête tranchée gît au pied d’un chêne dont s’approche un cortège emmené par sainte Gertrude, elle aussi en grand habit de chanoinesse (qu’elle n’était pas !). Et en face : le retour des reliques à Fosses : deux bœufs tirent un chariot bâché contenant les restes du martyr et semblent se lancer dans la Sambre, à Franière : le lieu est encore appelé « li wez des boûs », le gué des bœufs car selon la légende l’Esprit Saint les aurait aidés à trouver un passage à gué.
Aux faces intérieures de la clôture du chœur, le chanoine Florenville, premier « curé primaire » (= doyen) de Fosses, a fait peindre en 1818 deux tablettes chronologiques sur l’histoire locale Elles débutent malheureusement par une fantaisie : « Fosses des Eburons y enterrés après la bataille de Presles et victoire de Vitrival par Jules César »… La suite donne par contre un intéressant résumé des faits importants qui ont marqué les siècles, même si d’autres erreurs historiques y sont parsemées (c’est Notger qui aurait fondé le Chapitre en 974), ou des détails curieux : « 1034, les peuples délivrés des barbares et dans l’abondance se livrent à tous les excès. Famine, Peste, etc. etc. Les loups dévorent les hommes qui se dévorent eux-mêmes. Les vivants ne suffisent pas à enterrer les morts Rogations en armes contre ce fléau des loups »….
Travail communiqué par Jean Romain – historien de Fosses
IX. – LA CHAPELLE DES FONTS BAPTISMAUX.
Lors des grands travaux de 1721 à 1728, il fut prévu d’ajouter deux chapelles de chaque côté avant celles des bras du transept, afin de faciliter la célébration de la messe quotidienne par les chanoines prêtres et autres clercs.
L’autel (une ancienne pierre tombale) est surmonté d’un tableau du XVIIe siècle représentant sainte Thérèse d’Avila (1512-1582) priant devant un Christ flagellé qui lui apparaît.
C’est ici qu’en 1931 le doyen Crépin a fait placer la cuve des fonts baptismaux qui jusque là se trouvait dans « l’ancienne paroisse », c’est-à-dire le bas de la tour (seule partie de la collégiale accessible aux paroissiens depuis la révolte de 1302 jusqu’aux transformations de 1721).
Les fonts baptismaux étaient importants dans une paroisse : c’est « la fontaine de vie » qui fait naître à une vie nouvelle. Aux premiers siècles, c’était un baquet de bois, sur pieds ; mais le synode de Reims en 852 recommanda d’utiliser la pierre (déjà parfois en usage). Pourtant, on ne connaît pas de cuve baptismale en pierre d’avant le XIIe siècle. Le catalogue d’une belle exposition tenue en 2009, intitulé « Les fonts baptismaux romans en pierre bleue des ateliers du namurois- 1150-1175 » en présente 70 mais ceux de Fosses n’y figurent pas. Ils doivent pourtant se situer à cette époque car les auteurs de l’étude citent le chapiteau roman et un bas-relief (tête de saint) qui se rattachent à la période étudiée, rappelant que ces pièces proviennent d’une église d’avant la destruction de 1140 par le comte de Namur et la consécration d’une nouvelle par l’évêque Henri de Leez en 1153.
Les fonts de Fosses sont formés d’une base cylindrique de 67 cm de diamètre à la base, 58 au sommet, supportant une cuve octogonale de 82 cm de large ; la hauteur totale est de 95 cm. Un couvercle arrondi, en laiton, est surmonté d’une croix. Cette forme octogonale est rare : sur les 70 fonts cités dans le catalogue en question, 23 ont une cuve carrée, 41 une ronde et une seulement est octogonale (Hollogne-sur-Geer). Il faut comprendre ce symbole, fonction d’une arithmétique mystique : le 8, venant après le 7, chiffre sacré, symbole de l’accomplissement, marque une nouvelle vie, comme le baptême et saint Anselme écrivait : « C’est sur le nombre 8 que doit être bâti l’édifice où se donne le saint baptême ». Souvent le baptistère (bâtiment ou annexe d’une église destinée aux cérémonies du baptême) était en effet de forme octogonale.
Cette cuve n’est pas vraiment régulière : les faces varient de 32 à 36 cm et sur quatre d’entre elles (toutes de 32 cm), est sculptée une tête (de 24 cm de haut), comme c’est le cas aussi pour la moitié des 70 fonts étudiés dans le catalogue (7 pour les cuves carrées, 28 pour les cylindriques). Leur facture pourrait s’apparenter à celles des fonts de Blehen (Hannut) pour les cheveux et la barbe, de Flostoy (les yeux) et Bastogne. Ces têtes, de sculpture assez fruste, sont remarquables, il en émane une impression surprenante et, fait unique, on y voit 2 têtes de femmes, aux chevaux tressés en carré. Les faces non décorées d’une tête sont planes, en creux ; deux font 34 cm et deux 36 cm de large.
Au-dessus des fonts, sur une console, trône un chapiteau provenant de la seconde église romane du XIIe siècle. Fort abîmé d’un côté, il représente deux basilics (animal fabuleux) aux cous entrecroisées ; souvent de telles figurations, ou des dragons, sont signe que l’édifice est construit en fonction de courants telluriques, ce qui est le cas pour notre collégiale.
Travail communiqué par Jean Romain – historien de Fosses
X. – DEUXIEME CHAPELLE ET TRANSEPT SUD.
La 2e chapelle du côté sud est appelée « Chapelle de saint Hubert » car au mur trône un remarquable groupe sculpté et polychrome du XVIIe siècle, représentant la vision de saint Hubert : jeune noble de la cour de Pépin de Herstal, Hubert, dit la légende, eut au cours d’une partie de chasse la vision d’un cerf dont les bois brillaient d’une croix lumineuse, ce qui fut à la base de sa vocation religieuse. Il fut formé et ordonné prêtre par saint Lambert à qui il succéda en 805 sur le siège épiscopal de Tongres, qu’il transféra à Liège avec les reliques de son prédécesseur. Il mourut en 727 et est devenu le patron des chasseurs et des cavaliers ; il est aussi invoqué contre la rage : le jour de sa fête on distribue du pain bénit aux hommes et aux chevaux.
La table d’autel est surmontée d’un tableau du XVIIe siècle représentant la lapidation de saint Etienne, le premier martyr. Le retable de chêne est surmonté d’un triangle avec l’œil de Dieu. Dans cette chapelle aussi on a remisé provisoirement l’ancienne chaire de vérité (XVIIe s.), qui se trouvait autrefois pendue au 1er pilier à droite dans la nef. La cuve est ornée de sculptures des Evangélistes, angelots, caryatides masculines et motifs décoratifs divers.
La chapelle du transept sud est consacrée à notre concitoyen le Bienheureux Hugues de Fosses. Né chez nous en 1093, formé à l’école du Chapitre, il devint chanoine en 1115, puis chapelain de l’évêque de Cambrai où il rencontra Norbert de Xanten, un noble allemand désireux de fonder un nouvel ordre religieux. Ensemble, ils se mirent à parcourir le nord de la France et la Belgique, prêchant paix et charité. Revenant à Fosses, ils réussirent à arrêter une longue vendetta entre familles, qui avait déjà fait une dizaine de victimes chez nous et à Moustier. L’évêque de Laon leur offrit un territoire en forêt de Prémontré, lieu de la fondation de leur ordre pour lequel ils choisirent la règle de saint Augustin. Revenant d’Allemagne, Norbert reçut du comte de Namur une terre à Floreffe où il créa la première fondation de l’ordre. De nombreuses autres fondations marquèrent le succès de leur entreprise et sont dues à Hugues de Fosses, devenu en fait le 1er abbé de l’ordre : d’abord, le Chapitre de Fosses lui confia l’oratoire du lieu du martyre de saint Feuillen, Le Roeulx (1125) ; puis ce furent les fondations, de Bonne Espérance (1125), Grimbergen (1126), Louvain (Le Parc, 1128), Averbode (1132), Ninove (1137), Tronchiennes (1138), Jette (1145), Leffe (1152) et plus tard Heylissem, Tongerloo, ainsi qu’en France, en Allemagne, en Pologne, en Angleterre, en Espagne… Considéré comme bienheureux déjà de son vivant, Hugues de Fosses dirigea son ordre durant 35 ans et mourut en 1161. Ses reliques se trouvent à l’abbaye de Bois-Seigneur-Isaac. Rome accorda le titre de Bienheureux à Hugues de Fosses en 1928 et ce fut l’occasion chez nous de grandioses manifestations religieuses, avec procession et cortège historique. Mais chez nous, on l’appelle habituellement « saint Hugues ».
L’autel de cette chapelle est orné d’un tableau, œuvre en 1928 d’un Prémontré suisse, Milon Bertram, représentant Hugues en grand habit blanc de chanoine Prémontré, avec crosse, missel et auréole, devant un panorama de Fosses à notre époque, comme vu de la villa de Rome.
Le bas de l’autel est orné d’une toile du XIXe siècle représentant la Vierge à l’Enfant entre deux vases de fleurs, rappelant la destination première de cette chapelle à Notre Dame.
Travail communiqué par Jean Romain – historien de Fosses
XI. – LA CRYPTE.
Voici une des parties des plus curieuses et des plus intéressantes de notre collégiale : la crypte « hors-chœur ». Disons de suite qu’elle est unique en Belgique et qu’il n’en reste que trois ou quatre au monde ! C’est dire notre fierté…
Une crypte est habituellement une chapelle souterraine destinée au culte des reliques d’un saint. Dans l’esprit du Moyen Age, voir des reliques « en vrai », ou simplement un reliquaire, était gage de bienfait ; les toucher, encore davantage bien sûr, pour obtenir des grâces : guérison ou protection. Une autre manière était de se trouver en-dessous pour en recevoir un maximum de bienfaits.
En 1086, le prince évêque Henri de Verdun vint à Fosses « élever les reliques de saint Feuillen », c’est-à-dire les sortir de leur tombe (un sarcophage ?) pour les placer sur l’autel en signe de reconnaissance officielle du culte : l’équivalent, pour l’époque, d’une canonisation (réservée au pape à partir de 1172). Grâce au récit qu’en fit le chanoine Hillin quelques années plus tard, on sait qu’une foule considérable emplissait l’église ; aussi fut-il envisagé d’agrandir l’édifice pour permettre un « tour » passant sous les reliques. Pour cela, on recula le chevet (mur est) et on construisit derrière l’autel une tribune portant un autel avec les reliques. Ainsi était constituée une « crypte hors chœur » car elle n’était pas sous le chœur mais derrière, ou encore « crypte au chevet ». C’était pourtant une véritable grotte, car elle n’avait pas de fenêtres, si ce n’est de petites ouvertures dans les trois chapelles absidioles du nouveau chevet, et se trouvait dans une obscurité presque complète. C’est ainsi que les archives communales peuvent parler de « grotte » pour définir cet endroit où les échevins venaient prêter serment. Cette disposition permettait en outre une procession circulaire dans la collégiale, que les pèlerins accomplissaient trois fois, le plus souvent, passant chaque fois sous les reliques de notre saint patron. Certains privilégiés pouvaient même monter à la tribune, s’agenouiller devant l’autel et les reliques, et redescendre de l’autre côté (à présent bouché) dans la crypte. C’est là aussi que se déroulaient les offices pour les pèlerins, de façon à ne pas troubler ceux des chanoines.
Cette « crypte hors-chœur » est donc unique en Belgique. Selon le chanoine Maere, dans une étude publiée en 1932, ce type de crypte ne se trouve presque qu’en région Meuse et Rhin et on n’en connaît qu’à peine plus de dix exemplaires, toutes du XIe siècle, surtout en Principauté de Liège : à Saint-Barthélemy, Stavelot, Saint-Trond, Malmédy, Saint-Hubert ; en Allemagne : à Essen, Ratisbonne et Schaffhouse ; en France à l’abbaye de Saint-Riquier, en Picardie. Mais toutes ont disparu. Il ne reste intactes que celles de Fosses et de Susteren, au nord de Maestricht.
Le pavement de la crypte est au niveau des bas-côtés de l’église, qu’elle prolonge en une sorte de déambulatoire, dit encore R. Maere, mais il est possible que son niveau ait été un peu plus bas ; le pavement actuel date de 1902, ainsi d’ailleurs que le plâtrage des murs et des piliers qui au départ étaient faits de gros moellons irréguliers, visibles. Elle comporte deux nefs de 5 travées chacune, séparées par 4 gros piliers massifs. Les voûtes sont en plein cintre ou en voûtes d’arêtes et même en cul de four pour les absidioles.
En dépit de la clarté donnée par l’ouverture récente (vers 1900) de petites fenêtres et surtout des grandes fenêtres ogivales de la chapelle centrale, cette crypte laisse une impression un peu mystérieuse, d’intimité et de recueillement, peut-être due aux siècles de pèlerins qui y sont venus vénérer notre patron et l’ont imprégnée de leurs prières.
Travail communiqué par Jean Romain – historien de Fosses
XII. – CHAPELLES DE LA CRYPTE.
Dans la crypte, trois chapelles forment le chevet de la collégiale, comme c’est souvent le cas et comme ce l’était déjà pour l’église de l’époque de Charlemagne, selon les indices retrouvés par le professeur Mertens lors des fouilles de 1951-1952, puis pour l’église romane de vers l’an 1000 et ce fut réédité lors de la collégiale de 1090. Au départ, trois petites absidioles semi-circulaires avec voûte en cul-de-four (demi coupole), percées d’une fenêtre à l’est. La plupart du temps, celle du centre était un peu plus grande, et ici elle fut même agrandie en 1655 avec de hautes fenêtres de style ogival qui éclairent la crypte, tandis que les petites fenêtres des deux absidioles ont été fermées et ne sont plus visibles que de l’extérieur.
La chapelle côté sud est dédiée à sainte Gertrude (morte à 33 ans en 659), donatrice de la terre de Fosses à saint Feuillen, et est ornée d’une belle statue du XVIIIe s., en tilleul polychrome, de l’abbesse de Nivelles, présentée en habit de chanoinesse, portant crosse et missel. On note qu’une souris grimpe à sa crosse : c’est un rappel du fait que sainte Gertrude est invoquée pour l’éloignement des rongeurs, rats, souris et surtout mulots qui autrefois ravageaient les campagnes, causant misères et famines. Un beau vitrail, œuvre de notre concitoyenne Christelle Thiry, reçoit la lumière du matin dans une fenêtre orientale ; il représente sainte Gertrude, cette fois en habit de religieuse du VIIe siècle, bleu et blanc ; il a été offert à la collégiale par la Confrérie Saint-Feuillen en 2000..
Le premier pilier de la crypte est percé d’une potale où se voit une statuette d’un « Bon Dieu de Pitié », Christ flagellé, couronné d’épines et enchaîné, due au sculpteur amateur Van Griekom : c’est une reproduction d’une splendide statue polychrome de 1582, du même sujet, volée en 1979.
Comme nous l’avons dit, la chapelle centrale a été sensiblement agrandie en 1655. Depuis les origines cette chapelle était dédiée à la Vierge Marie (actuellement, une statue de N.D. de Lourdes avec Bernadette) et elle est garnie de lambris de chêne à motifs floraux et d’une double banquette de bois servant sans doute de sièges pour les réunions de la Confrérie Notre-Dame, qui existait déjà au Moyen Age (XIIe siècle), en tout cas en 1631. Les offices de cette Confrérie débutaient par le chant du Salve Regina, de sorte que les Fossois ont pris l’habitude de nommer cet endroit « chapelle du Salve » et comme nous l’avons dit, nos archives évoquent le serment des échevins « devant la chapelle du Salve en la grotte ». Le bel autel de cette chapelle centrale est en marbre de Mazy : c’est un cadeau des paroissiens de Ligny à leur ancien curé, l’abbé Joseph Crépin, devenu doyen de Fosses en 1912. Le pavement, à l’entrée, forme une étoile à quatre branches qui curieusement se trouve juste sur un puissant courant tellurique. La chapelle est fermée par une grille en fer forgé du XVIIIe siècle.
Entre la chapelle centrale et l’absidiole nord, une petite fenêtre a reçu en 1999 un splendide vitrail, réalisé et offert par M. Lippevelst. Il représente saint Feuillen en bure, avec capuchon violet (signe de son rôle d’abbé), ceinturé d’une corde et tonsure en croissant de lune, longs cheveux en arrière, selon la tenue typique de ces moines Scots du VIIe siècle. Le vitrail est encadré d’une belle fresque celtique.
L’absidiole côté nord est ornée, depuis 2006, d’une statue de saint Lambert, évêque de Tongres-Maestricht (640-700), patron de Liège et de ce diocèse auquel Fosses a appartenu durant des siècles ; elle a remplacé une statue de saint Joseph car traditionnellement, selon les archives, les deux chapelles de la crypte étaient dédiées à sainte Gertrude et saint Lambert.
Travail communiqué par Jean Romain – historien de Fosses
XIII. – LA RECLUSERIE DE SAINTE JULIENNE.
Poursuivant notre visite de la collégiale, en revenant vers la grande nef par le bas-côté nord, nous rencontrons une pièce qui est en décalage avec l’architecture normale de l’église, une sorte d’annexe accolée au bras gauche du transept. Elle est habituellement appelée « réclusoir » ou recluserie de sainte Julienne, bien qu’elle semble dater du XVe siècle.
Sainte Julienne était une petite fille de fermiers de Rétinne, entre Liège et Herve, née vers 1195 ; devenue orpheline à l’âge de six ans, elle fut recueillie par une parente à la léproserie de Cornillon, sur les hauteurs de Liège, où elle reçut une formation scolaire et ainsi devint religieuse soignante et même prieure de la petite communauté. Pendant de longues années, elle eut la vision d’une lune à laquelle manquait un quartier et finalement elle comprit qu’il s’agissait du calendrier liturgique où manquait une fête en l’honneur du Saint Sacrement, dans lequel elle avait une intense dévotion. Avec le prieur de la communauté masculine de la léproserie, elle écrivit un office à la gloire de l’eucharistie : la Fête-Dieu. Elle reçut pour cela l’appui des plus hautes autorités religieuses liégeoises, dont le prince évêque Robert de Tourotte qui, en 1246, publia un mandement instituant la fête dans son diocèse et vint même à Fosses où, sentant sa mort prochaine, il fit chanter pour la toute première fois au monde une partie de cet office. Plus tard, Julienne connut de vives oppositions : les échevins de Liège réclamèrent les titres de propriétés léguées à la léproserie et, comme elle refusait, ils fomentèrent une révolte. Julienne dut s’enfuir à Huy, puis à Namur et enfin, en 1256, à Fosses où elle fut accueillie par le chanoine chantre qui lui céda une pièce ou une petite maison attenant à la collégiale, où sa sœur avait vécu comme recluse. C’est là que Julienne mourut le 5 avril 1258.
La Fête-Dieu fut étendue à l’Eglise universelle en 1261 par le pape Urbain IV, Jacques de Troyes, qui avait vécu à Liège et connu Julienne. Le pape Clément V officialisa la fête en 1311, la fixant au jeudi suivant la Trinité, mais elle est maintenant reportée au dimanche qui suit, avec un office réécrit par saint Thomas d’Aquin.
Le souvenir de sainte Julienne a toujours été vivace chez nous. Pourtant, on ne sait pas exactement où se situait cette recluserie ; mais cette petite construction, attenante à la collégiale comme le voulait la tradition, a été considérée comme la pièce où vécut et mourut Julienne.
C’est une petite pièce de dix mètres carrés environ, avec une porte donnant dans le déambulatoire et une autre dans la chapelle du transept nord, qui servit d’église paroissiale de 1721 à 1790 et qui lui servit de sacristie. Pus tard, elle fut abandonnée et servit même de « trou à charbon » et au matériel de nettoyage. Mais pour les grandes festivités du 700e anniversaire de la Fête-Dieu, en 1946, le doyen Piérard la fit restaurer, on y recréa une cheminée rustique et une inscription court le long des murs : « Cy vécut recluse Julienne, vierge de Cornillon, confidente du Père sur la fête du Très Saint Corps du Christ, célébrée la première fois l’an 1246 en cette collégiale. S’éteignit en 1258 ».
Une fenêtre donnant sur le Chapitre, côté soleil levant, est ornée, depuis 2008, d’un très beau vitrail, du à Christelle Thiry et offert par la Confrérie Saint-Feuillen, représentant sainte Julienne.
Deux vitrines présentent des objets du culte eucharistique : calice, ciboire, ostensoir ; une petite boîte contenant une parcelle des reliques de Julienne, ainsi que des livres et images à ce sujet.
Précisons que, comme pour Hugues de Fosses, nous disons habituellement « sainte Julienne » bien que son procès en canonisation n’ait toujours pas abouti.
Travail communiqué par Jean Romain – historien de Fosses
XIV . – TRANSEPT NORD : chapelle N.D. de Walcourt.
La chapelle du transept nord est actuellement consacrée à Notre-Dame de Walcourt. Primitivement, elle avait été dédiée à la Vierge, puis à sainte Anne, puis à la Vraie Croix, à N.D. de Walcourt, de nouveau à la Vraie Croix, avant un retour de N.D. de Walcourt. De 1721 à la suppression du Chapitre en 1794, elle servit d’église paroissiale : le banc de communion qui l’entoure en témoigne. Les paroissiens devaient y être bien à l’étroit, et ce fut d’ailleurs l’objet de nombreuses doléances du malheureux curé Roveroles (qui devait être assassiné en son domicile en haut de la rue Delmotte, en 1778). Une petite porte, au coin gauche, donnait accès à une sacristie installée dans la pièce que nous appelons la recluserie de sainte Julienne.
La statue de N.D. de Walcourt attire toujours la curiosité des visiteurs : une Vierge Noire ! Selon la légende, lors d’un incendie de la collégiale de Walcourt, la statue ((miraculeuse) s’envola à travers les flammes jusqu’au Jardinet, à un bon kilomètre de là, dans un bouleau dont elle ne voulait pas descendre. On fit appel au comte de Rochefort mais la statue n’accepta de descendre dans ses bras que lorsqu’il eût promis de construire là un prieuré. Et la statue est noire à cause des flammes, tout simplement. Dit la légende. Maintenant, un masque d’argent datant de 1626, recouvre son visage. Mais il s’agit bien d’une « Sedes Sapientiae », vierge assise sur une cathèdre et portant l’Enfant Jésus sur le genou gauche et, sans sa robe d’apparat, elle ressemble beaucoup à la Vierge d’Evegnée, autre « Vierge Noire » du Xe siècle, qui avec bien d’autres a assimilé la Mère du Christ aux Déesses-Mères antiques : Isis, Hécate la Noire, Déméter, Cérès, toutes déesses de la fertilité et des moissons dont le culte se déroulait dans des grottes et des cavernes sombres : un culte ésotérique (secret) ; ces statues païennes étaient toujours vénérées dans les campagnes où la christianisation était superficielle ; c’est saint Bernard, au XIIe siècle, qui admit de vénérer ces statues noires comme étant la Vierge Marie.
En fait, la statue de Fosses ne ressemble pas à celle de Walcourt : la Vierge est debout et porte l’Enfant Jésus sur le bras gauche : ce n’est donc pas une vraie Vierge Noire ; seul le haut de la statue est sculpté, finement d’ailleurs ; le bas est resté un bloc de bois brut, mais un manteau d’hermine du début du XXe siècle le recouvre ; le voile de dentelle serait du XVIIIe et la couronne, en argent doré, est poinçonnée 1657 Des traces de polychromie subsistent mais le visage de la statue fut peint en noir sans doute vers 1750 lorsque fut créée chez nous une Confrérie Notre-Dame de Walcourt car c’était, durant des siècles, un pèlerinage très suivi et même parfois un pèlerinage pénitentiel ordonné par la Cour de Justice de Fosses.
Hors du petit sanctuaire, borné d’un banc de communion de chêne ancien, une grande partie de cette chapelle est fermée d’une cloison pour former une sacristie. L’emplacement de la sacristie a toujours posé problème ; longtemps ce fut un bâtiment annexe au transept droit, que la Commission des Monuments fit démolir au début du XXe siècle ; ce fut alors la chapelle centrale de la crypte, puis derrière une cloison cachant l’absidiole de sainte Gertrude, toujours dans la crypte ; le doyen Crépin utilisa l’ancienne « tribune aux reliques », où se trouvent toujours les armoires des ornements, du XVIIIe siècle, derrière le maître-autel mais l’escalier fut jugé trop pénible par le doyen Bero qui organisa un coin de cette chapelle du transept nord, ancienne chapelle paroissiale. Et dans le projet de restauration actuel de la collégiale, on cherche une meilleure solution.
Travail communiqué par Jean Romain – historien de Fosses
XV. – LES CHAPELLES COTE NORD.
En revenant vers la nef, la chapelle suivante est celle de sainte Julienne car l’autel est orné d’un tableau de Joseph de Falloise (début du XXe siècle) représentant la mort de la sainte : elle ne pouvait plus rien avaler, donc communier, aussi le prêtre lui montre une dernière fois le Saint Sacrement et il lui aurait dit : « Voici, ma fille, Celui que vous avez tant adoré ; puisse-t-il vous emmener au paradis » ; elle répondit « Amen » et mourut : c’était le 5 avril 1258. Julienne est couchée dans un lit, dans sa recluserie, entourée de deux religieuses ; le prêtre est en grande chape et porte un ostensoir soleil comme il en existe deux à la collégiale.
L’autel est orné d’un tabernacle, dont la porte joliment sculptée représente un calice surmonté d’une hostie rayonnante. Deux statues : une Sainte Julienne portant un ostensoir, œuvre du XVIIe siècle, et une Vierge Marie à l’Enfant. Cette chapelle, garnie de beaux lambris liégeois du XVIIIe siècle, est fermée d’une barrière de boiseries de chêne.
La chapelle suivante est dédiée à saint Ultain, le jeune frère de saint Feuillen, qui fut sans doute l’abbé du monastère de Fosses tandis que Feuillen évangélisait la région. L’autel est garni d’un tableau représentant la vision de saint Ultain d’une colombe aux ailes ensanglantée, par laquelle il comprit que son frère venait de périr de mort violente. Ce tableau est signé Henri Deprez, l’auteur des grands tableaux du chœur, et date donc de 1765 environ.
L’autel est encadré de d’une double colonnade de chêne aux chapiteaux corinthiens, reproduits en plus petit à l’étage supérieur, qui comporte au centre une remarquable statue de saint Ultain, en bois polychrome, de la fin du XVIe siècle, donc une des plus anciennes de la collégiale. Le devant de l’autel est une toile représentant un mausolée avec en médaillon les initiales Ste B. : Brigide ?
Au fond de cette chapelle, on a rassemble des morceaux d’un sarcophage en pierre de France, datant du IXe ou du Xe siècle, qui est donc partiellement reconstitué. Etant donné le déplacement de ce matériau, il est fort probable qu’il a contenu les restes de saint Feuillen avant l’élévation de 1086. Ces vestiges ont été extraits du sous-sol lors de l’installation du chauffage à air pulsé ; le fouilles, réalisées en 1975 par l’abbé Jeanmart et une équipe de jeunes bénévoles, a aussi mis au jour une pierre de meule de l’époque romaine et des dizaines de tombes, dont un cadavre enfoui dans de la chaux, ce qui a permis la conservation des habits, des souliers et des cheveux, fait extrêmement rare. Rare aussi est ce type de sarcophage : on n’en trouve que deux autres en Belgique : à Nivelles (contenant trois squelettes : les compagnons de saint Feuillen lors du massacre du Roeulx) et un à Celles.
Derrière des chaises empilées on peut voir aussi un reliquaire en bois polychrome, confectionné par les Ateliers d’Art de Maredsous pour représenter, pour les grandes cérémonies de 1946, ce qu’aurait pu être un reliquaire de sainte Julienne si on avait pu en conserver des reliques. Or, ses restes inhumés à Villers-la-Ville, furent dispersés et jetés dans la rivière par les révolutionnaires français. Trois vertèbres données à l’infante du Portugal au XVIIe siècle sont tout ce qui reste d’elle (à Anvers et à Namur) et une vitrine de la recluserie en présente une parcelle.
Au fond de la chapelle : un très beau confessionnal du XVIIIe siècle, aux remarquables sculptures.
Travail communiqué par Jean Romain – historien de Fosses
XVI. – TROIS BELLES PIECES DU PATRIMOINE.
Dans la nef de gauche, entre deux confessionnaux, un « Calvaire » retient l’attention : c’est un groupe du XVIe siècle (vers 1540) formé du Christ en croix, de Marie « en pâmoison » soutenue par saint Jean, et à droite Marie-Madeleine dans une posture anatomique un peu spéciale : selon les spécialistes, cette œuvre serait d’un artiste régional un peu maladroit, mais la polychromie est encore très belle, surtout pour Marie-Madeleine dont les vêtements indiquent une personne de qualité. Ces trois pièces proviennent de la chapelle Saint-Gilles « en l’aître », c’est-à-dire la chapelle du vieux cimetière, au coin de la rue des Tanneries, chapelle qui fut abattue en 1880 pour élargir le tournant, lors de la suppression du cimetière qui, lui, remontait à 1318. Les pièces de ce Calvaire furent cachées chez des particuliers lors de la révolution française, restituées au doyen Crépin qui les plaça dans la chapelle Sainte-Brigide. Elles ornèrent ensuite la chapelle du 3e étage du Home et lors de la cession de cet établissement à l’AISBS Auvelais, elles furent reprises par la paroisse et placées dans la collégiale.
Dans le coin gauche de la nef, près de la porte du clocher, a été installée une statue de saint Feuillen, en pierre de France, grandeur nature (179 cm), remontant sans doute au XVIIe ou XVIIIe siècle ; elle est fort abîmée par les intempéries, car elle se trouvait dans la niche au-dessus du porche jusqu’en 1926, mais aussi par des coups de fusil de marcheurs ; les bras sont cassés et la mitre branlante, mais c’est une très belle pièce de notre patrimoine.
La plus imposante est tout de même la « Mise au tombeau », dans une grande arcade au fond de la tour, arcade qui marqua, de 1318 à 1723, l’accès à la collégiale pour les paroissiens dans « la vieille paroisse ». En effet, les chanoines du début du XIVe siècle auraient voulu que les paroissiens ou la commune construisent une église dans la ville, ce qui était loin de leurs possibilités. C’est probablement ce qui fut à la base de la « révolution » de 1302 : excédés, les Fossois bouchèrent de pierres la porte de communication entre la « ville des chanoines » et la ville des bourgeois. Le prince évêque intervint pour mâter cette rébellion et, en 1318, un arrangement fut trouvé : on évitait de bâtir une église et les Fossois purent occuper le bas de la tour comme église paroissiale.
Ce groupe en chêne, autrefois polychrome puis recouvert de plusieurs couches de peinture, fut déroché vers 1913 ; il remonte au milieu du XVIe siècle. Selon un schéma qui ne se retrouve qu’à une centaine d’exemplaires en Europe occidentale (une dizaine en Belgique), le Christ est couché à l’avant plan ; des deux côtés, deux hommes debout : Joseph d’Arimathie portant la couronne d’épines, et Nicodème. Derrière le Christ, et semblant agenouillés, la Vierge, au centre, entourée de saint Jean et de trois saintes femmes, mais l’une d’elles a été volée en 1976.
L’intérieur de la tour garde encore des stations du chemin de croix, deux bancs de 1728 et, depuis quelques années déjà, un autel car ce lieu sert de « chapelle de semaine » : c’est là que se célèbre la messe quotidienne hors du dimanche, mais aussi le samedi soir en hiver car il est doté d’un appareil de chauffage électrique. On retrouve ainsi un autel occidental, comme à Nivelles, et il est rare d’avoir ainsi une « double paroisse », comme du XIVe au XVIIIe siècle.
Travail communiqué par Jean Romain – historien de Fosses
XVII. – LES PIERRES TOMBALES.
Notre collégiale, église d’un Chapitre de chanoines, a gardé une vingtaine de pierres tombales d’un âge respectable : la plupart sont du XVIIe et du XVIIIe siècles, mais une est datée 1400 et même une autre, très grande, de 1280 ! Car les chanoines étaient, la plupart du temps, inhumés dans la collégiale même et autrefois tout le pavement de l’église était fait de pierres tombales. Vers 1900, le doyen Mallar fit repaver de carreaux de pierre noire et plusieurs pierres gravées furent dressées contre les murs ; d’autres avaient déjà servi, lors des transformations de 1721-1728, de pierres d’autel pour les chapelles latérales, ou encore de marches pour l’escalier du jubé.
Le doyen Crépin, dans le « Messager de Fosses » de 1931, a présenté un relevé de ces témoins de nombre de personnages du Chapitre qui ont fréquenté notre collégiale et y ont été inhumés. Mais les études récentes n’ont jamais évoqué ces souvenirs parlants. Nous les reprenons ici en suivant une visite dans le sens des aiguilles d’une montre, à partir de l’entrée du porche, vers la gauche.
Immédiatement, au-dessus du bénitier de gauche, une pierre de marbre blanc encadrée de noir rappelle, en latin, le souvenir d’un ancien curé de la paroisse de Fosses : « Ci gît Rd Mr Antoine Roveroles, curé de cette église pendant 47 ans, assassiné le 10 novembre 1778 , pleuré de tous car il passa en faisant le bien ». L’abbé Roveroles, fils de Lazare de Roveroles, de Montpellier, et de Françoise Devillers, de Fosses, devint curé de la paroisse en 1732 ; il eut de nombreux démêlés avec les chanoines qui lui reprochaient de perturber leurs offices et il dut plusieurs fois s’en plaindre à l’évêque de Namur. Il fut assassiné, le 10 novembre 1778, par un vannier de Florennes, venu lui demander l’aumône, en sa maison en haut de la rue Al Chenal, appelée plus tard « rue du Curé » en souvenir de cet homme de bien. Il fut inhumé près de la porte d’entrée de l’église, au grand parvis. La pierre gravée surmonte donc sans doute sa tombe.
Au centre du rez-de-chaussée de la tour, mais maintenant cachée par un tapis, une pierre carrée de 87x87 cm (mais sans doute recoupée à ces dimensions » porte, en latin : « Tombeau du Vénérable M. Paul de Labie, prêtre, chanoine de Fosses, qui mourut le 2 décembre 1665. Priez Dieu pour lui ».
Poursuivant notre visite, entre la porte menant au clocher et une porte qui autrefois donnait communication avec l’école des Soeurs, une très belle pierre de marbre noir de 176x74 cm, avec un fronton sculpté orné d’un cercle, montre un chanoine en surplis agenouillé sur un prie-Dieu devant un grand crucifix. Plus bas l’inscription nous apprend « Ici gît Vénérable Maître Nicolas Douhaere, chanoine de ceste Eglise Lequel trépassa le 7ème d’aoust 1612. Priez Dieu pour son âme ».
Je n’ai pu retrouver la pierre suivante dans l’énumération de Crépin : il la situe « au mur latéral nord, derrière un confessionnal » ; or, il n’y a pas de pierre au mur derrière les deux confessionnaux de 1911 ; par contre, il y en a un ancien, du XVIIIe siècle, au mur du fond de la chapelle Saint-Ultain et c’est là sans doute que se situe cette pierre, gravée en français : « Ci gît Vénérable Sire Ponce Heer, prêtre 65, chanoine 44 et chantre 41. Le vingtième de juin laissat à Dieu l’esprit, ses biens aux esgens. Ce lieu retient son corps. Priez Dieu pour son âme ». Selon le Registre de la Chanterie, le chanoine Heer, élu chantre en 1569, mourut le 22 juin 1610. Remarquez l’expression « laissa(t) ses biens aux èsgens », formule wallonne qui a donné aussi « aux ègalots » et « ès ès monts » devenu Aisemont ; tout comme les anciens disaient « èle va è scole aux-è soeûrs ».
Au mur entre les deux chapelles du côté nord : une pierre tombale de marbre noir de 89x59 cm laisse voir un blason mais les armoiries ont été correctement burinées lors de la révolution française. On peut y lire, en latin : « Ci gît Rd et Très Honorable Monsieur Florent de Frahan, chanoine et doyen de cette église, qui laissa un anniversaire fondé et mourut le 28 janvier 1736. R.I.P. » L’expression « laissa un anniversaire fondé » signifie que M. de Frahan avait laissé une rente destinée à faire dire ou chanter une messe le jour anniversaire de sa mort durant plusieurs années.
Dans le pavement de la chapelle Ste-Julienne, juste à l’entrée, on peut voir un carreau de 26x26 cm gravé d’une inscription latine : « Ci gît Rd M. le chanoine Bachelet, prêtre, dont la pierre tombale est ici près du mur ». En effet, au mur de séparation des chapelles Ste-Julienne et N.D. de Walcourt se trouve une autre pierre tombale noire, de 80x57 cm, mais cachée par un tableau récent de Ste Julienne. L’inscription latine est la suivante : « Ci gît le Révérend Monsieur Gille Bachelet, chanoine de cette église de Fosses, qui mourut en l’an 1743. R.I.P. »
La chapelle du transept nord est partiellement aménagée en sacristie dont des armoires masquent quatre grandes pierres tombales juxtaposées au mir. La première à gauche, de 188x88 cm, est celle de « Gilles (ou Egide) Lebeau, chanoine de cette église, prêtre, qui mourut le 4 janvier de l’an 1720 dans la 71e année de son âge et la 40e de prêtrise. Qu’il repose en paix ». On peut noter que parfois est spécifié la mention « prêtre » : ce qui indique un état sacerdotal qui n’était pas exigé de tous les chanoines. Surtout après le XVIIe, certains chanoines, bien que « religieux », renonçaient à suivre les études de prêtrise. Dans le nécrologe (registre des décès) on trouve ainsi par exemple « Untel, chanoine, décédé à 72 ans, acolyte », ou sous-diacre, ou sans aucun des ordres mineurs.
La 2e pierre tombale, un peu plus petite (152x84 cm), est celle de « Messires Jean et Nicolas Delacour, frères jumeaux, chanoines, prêtres de cette église, qui moururent pieusement, Jean le 7 février 1713, et Nicolas, doyen pendant 16 ans, le 15 avril 1752 Qu’ils reposent en paix ».
La suivante, de 183x93 cm, porte la mention « A la mémoire du Vénérable Melchior Tabollet, prêtre, chanoine de cette église, mort le 7 …( ?) 1670. M. Jean-Baptiste Jacquart, son successeur, a posé cette pierre. Qu’il repose en paix ». Ce devait être le frère de Gilles Tabollet, doyen du Chapitre, qui fit reconstruire la chapelle Sainte-Brigide et dont la pierre tombale est au côté sud.
Enfin, la 4e et la plus grande : 195x103 cm, toujours en pierre noire, porte « Ci gît Vénérable Sire Robert Germeau, chanoine et écolâtre de Fosses, qui mourut le 25 mars 1664. Dites une bonne prière pour lui ».
Plus loin, après la petite porte du Chapitre, une des pierres les plus anciennes mais aussi fort effacée, de 95x55 cm, sur laquelle on peut lire difficilement « Sire Allianus, prêtre, mort le 19 novembre 1615 ». D’après le Registre de la Chanterie, il s’agit du chanoine Allianus Lescuyer et il est précisé que ses funérailles furent présidées par l’abbé de Floreffe.
Dans la crypte, entre la chapelle St-Lambert et celle de Notre-Dame, sous le vitrail de St Feuillen, une pierre noire de 165x81 cm ; est pratiquement illisible : il semble que des armoiries y ont été effacées mais les restes d’inscription, en français, semblent évoquer une religieuse du couvent des Sœurs Grises en Leiche.
Note : à propos de cette pierre tombale, que le doyen Crépin n’avait pas pu lire en 1931, il en donne l’essentiel en 1933 : « Icy repose – honnete et vertueuse – noble Demoiselle – Catherine Fallize - bienfaitrice insigne – de ceste église – décédée le 1 janvier – l’an 1705 âgée de … - Priez Dieu pour son âme – Requiescat in pace. – Amen ». Catherine Fallize avait été enterrée d’abird (selon Registre des décès de la paroisse de Fosses) devant l’autel de la paroisse sous la tour. Transférée là en 1721-23. Ce fut un honneur exceptionnel de la recevoir dans l’église car elle fut une grande bienfaitrice pour la paroisse et pour les pauvres.
Toujours dans la crypte, mais cette fois à droite de la chapelle centrale, et sous un vitrail de sainte Gertrude, une pierre tombale noire de 68x48 cm est particulièrement intéressante car elle concerne des laïcs : « Icy reposent Honnorable Joachim Misson, Bourgeois de Fosse, Jadis Mambour de la Chapelle N.Dame décédé Le 21 septembre 1631 et Renfroide Tavyé sa compaigne décédée le 16 D’Avril 1642. Priez Dieu pour leurs âmes ». C’est probablement en raison de son titre de mambour (président) de la Confrérie Notre-Dame que ce couple fut inhumé dans la crypte, ou du moins que ce mémorial y fut apposé.
Il faut ensuite aller jusqu’à la chapelle du transept sud (dédiée maintenant au bienheureux Hugues de Fosses). Pour retrouver une petite pierre (58x39 cm), dont la belle gravure représente une religieuse agenouillée devant un crucifix : il s’agit d’une religieuse de l’hôpital d’En Leiche : « Cy devant gist Honeste et devote Religieuse Sœur Barbe Maistrecocqz, Professe en ce Monastère de Fosses Laquelle trespassa L’an 1604. Priez Dieu pour son âme ». Ce nom de « Maistrecocqz » a fait penser à une religieuse cuisinière (maître coq), ce qui me paraît peu vraisemblable.
Dans cette chapelle, mais totalement cachées maintenant par les tableaux du chœur entreposés là pour expertise de restauration, se trouvent deux vieilles pierres tombales : l’une, cassée en deux, semble datée de 1400 mais l’inscription est fort usée. La seconde porte au centre des ornements sculptés où se distinguent encore, bien que burinés, un heaume et les trois besants des armoiries de la famille Tabollet, comme on les voit aussi aux frontons des porches de la chapelle Sainte-Brigide. En effet l’inscription en latin signifie « Tombeau du Très Révérend Sire Gilles Tabollet, chanoine de cette église pendant 50 ans et Doyen pendant 19, mort le 26 avril 1666. R.I.P. » Ce fut en effet un bienfaiteur de la ville : il fit restaurer à ses frais la chapelle Ste-Brigide, offrit à la paroisse un calice d’or et six chandeliers de cuivre, toujours dans le trésor de la collégiale, et fit un testament généreux en faveur de l’église et de la ville.
Contre mur sud du chœur est dressée une énorme dalle de marbre noir : 295x150 cm ! Avec en outre des incrustations de marbre blanc ; elle représente un religieux, mains jointes, en chasuble, avec sans doute une mitre et au-dessus deux angelots encenseurs. Cette dalle était couchée devant l’absidiole sud (Ste-Gertrude), ce qui explique l’usure très marquée sur son coin supérieur droit due au passage répété des pèlerins ; elle ne fut relevée qu’en 1934. Une inscription latine en gothique court sur tout le pourtour : elle indique « Tu reposes ici depuis quatre siècles… » et donne la date de 1280. Il devrait donc s’agir d’un certain saint Gobert, sans doute abbé de Fosses, mort ou « reconnu saint » en 880, comme le dit une des tablettes historiques du chanoine Florenville au revers de la clôture du chœur, mais on ne sait rien de lui sinon qu’un office lui était dédié le 26 janvier.
Enfin, toujours au mur du chœur, une jolie pierre de 61x42 cm, arrondie en haut, est délicatement gravée du dessin d’un chanoine en surplis, agenouillé devant un grand crucifix et l’inscription « Ici gist Vénérable Sire Henri Hins, chanoine de Fosses. Priez Dieu pour son âme ». Elle est intéressante car elle présente la tenue des chanoines de Fosses au XVIIe siècle, mais pas la date du décès.
Ainsi donc, cette série de pierres tombales nous donne le témoignage et le souvenir de plusieurs personnages relativement importants qui ont fréquenté notre antique collégiale au cours des siècles.
Travail communiqué par Jean Romain – historien de Fosses
XVIII. – TABLEAUX ET STATUES.
Il semble que, malgré les troubles, passages de troupes, épidémies de peste et guerres diverses, le XVIIe siècle fut une époque faste pour le Chapitre de Fosses car nombre de peintures et de statues datent de cette période : près d’une quinzaine de tableaux, contre une douzaine du XVIIIe siècle et quelques autres plus récents. Les pièces décoratives de notre collégiale comportent donc des œuvres remarquables et anciennes, même si ce ne sont pas de grands chefs-d’œuvre. Il en est de même pour les statues.
Hélas, des vols répétés ont amené les autorités responsables à fermer la collégiale et même à cacher une bonne partie des statues qui pourtant mériteraient toute notre attention. Quant aux tableaux, des travaux de restauration de l’installation électrique de l’église, commencés en 1990, ont nécessité l’enlèvement de la plupart, entreposés à l’abbaye de Maredsous.
Ces précieuses pièces d’ornementation de la collégiale ne sont pas seulement des pièces d’antiquité mais des témoins de la foi de nos ancêtres. Comme l’écrivait Jacques Jeanmart dans l’introduction du catalogue d’une exposition d’art à l’occasion de la Saint-Feuillen de 1977 : « A toutes les époques, et principalement aux deux siècles de malheur, les XVIIe st XVIIIe, nos pères ont placé leur confiance en Dieu et en ceux qui avaient été ses meilleurs témoins ici-bas, car ils restaient pour eux des intercesseurs importants. Au fil des bons et des mauvais jours, ces « ymaiges » avaient leur place dans la vie, rendant un peu plus sensible ce grand mystère de la communion des saints ». Et il précisait en conclusion : « Il ne s’agit pas de folklore, d’archéologie ou de spéculation d’antiquaire. Il s’agit de nos racines, de nos sources de vie ! ».
Pour clôturer cette série d’articles sur les trésors de notre belle et séculaire collégiale, nous voudrions étudier les tableaux et les statues qu’elle recèle. Mais une présentation détaillée nous mènerait bien trop loin. Qu’il nous soit permis de simplement les citer.
TABLEAUX.
Même s’ils ne sont plus visibles, cette simple énumération sera édifiante. Rappelons que les 8 tableaux du chœur sur la vie de saint Feuillen, ainsi que l’Assomption de la Vierge, au-dessus du grand autel, ont été dépendus l’an dernier et entreposés sur chevalets dans la chapelle sud du transept. Grâce aux descriptions du doyen Crépin et d’un guide de la collégiale de l’abbé Jeanmart en 1970, il est possible de préciser l’emplacement de ces tableaux dans l’église avant qu’ils ne soient enlevés.
Dans le chœur : Assomption de la Vierge, au-dessus de l’autel : largeur 230 cm, attribué à Fisen, peintre liégeois, 1730. – Huit grands tableaux (300x350 cm) de Henri Deprez, 1765, représentant des scènes de la vie (légendaire) de saint Feuillen : sa mère condamnée au bûcher ; baptême des trois frères ; Feuillen sacré évêque ; Feuillen accueilli par sainte Gertrude à Nivelles ; il construit l’église de Fosses ; martyre dans la forêt du Roeulx ; découverte des corps ; retour des reliques à Fosses.
Chapelles et déambulatoire de droite : Ste Thérèse d’Avila devant le Christ flagellé : XVIIe s., 138x110 cm. (en place). – Lapidation de saint Etienne : XVIIe, 150x120 (en place). – Bienheureux Hugues de Fosses : 1928, Milon Bertram, 173x104, en place. – Martyre de saint Feuillen : fin XVIIe, 108x171. – Adoration des bergers : XVIIe, 110x160. – Adoration des mages : XVIIe, 110x143.
Dans la crypte : N.D. du Perpétuel Secours, 1657, larg. 115. – Saint Joseph, vers 1659, 125x65. – Saint Joachim, vers 1659, 125x65.
Déambulatoire gauche : Descente de croix, XVIIe s., Dumortier, larg. 133. – Ecce Homo, début XVIIIe, 78x61. – Sainte Gertrude, XVIIIe, 125x65.
Chapelles côté nord : Vierge de calvaire, Henri Deprez, vers 1760, larg. 134. – Christ en croix, avec Marie-Madeleine, chanoine et chevalier de Grady, donateurs, vers 1645, 126x93. – Adoration des mages, XVIIe s., 122x92 (don de Ernest Loiseau). – Mort de sainte Julienne, Joseph de Falloise, début XXe s., larg. 122. En place, autel de cette chapelle. - Sainte Julienne présentant sa requête au pape, Henri Deprez, vers 1760, larg. 110 cm. – Vision de saint Ultain, (colombe ensanglantée), Henri Deprez, vers 1760, 125x94 (en place). – Triomphe de saint Feuillen, Jacques Baudin, 1781, 105x127. – Le Christ pardonnant à l’humanité, XVIIIe s., don de Joseph Romain, 201x98 cm.
Dans la nef : La Cène, XVIIIe s., 110x220, don famille Drapier. – Martyre de saint Feuillen, école Cornélis Schut, m. XVIIe, larg. 185 cm. – Couronnement de la Vierge, XVIIe s., larg. 180 cm.
Chemin de croix, 14 stations, XXe s., en place.
Non repris au répertoire IRPA : Adoration des bergers, 59x75. – Saint Lois Bertrand guérissant un enfant, 178x120. – 2 cadres ovales : S. Charles Borromée, 53x75 – S. Antoine de Padoue XVIIIe.
STATUES
Calvaire : groupe de quatre personnages en chêne polychrome, du XVIe siècle (vers 1540) : Christ en
croix, 103 cm ; la Vierge Marie soutenue par saint Jean, 82 cm, et Marie-Madeleine, 82 cm.
Bon Dieu de Pitié : cette superbe statue polychrome de 57 cm, achetée à Namur en 1582, fut volée en
1975 et remplacée par une copie assez fidèle due à M. Van Griekom, de Gembloux.
Christ de pitié : bois polychrome, fin XVIe, pied sur un crâne, 85 cm, provenant de la chapelle du Bon
Dieu de Pitié, près de la route de Mettet.
Christ appelant l’humanité : chêne, XVIIIe, 175 cm, dans la niche gauche du chœur.
Vierge à l’Enfant : chêne, XVIIe, 175 cm, niche droite du chœur.
Vierge de calvaire : bois polychrome, XXe s., d’après un modèle ancien, 98 cm.
Notre-Dame de Walcourt : tilleul polychrome (seuls la tête et les bras sont sculptés, le reste est un bloc à peine ébauché.) 97 cm, XVIIe s. – Couronne argent : poinçon de 1657. Bien que la tête et les
mains soient noires, ce n’est pas une « Vierge Noire » : elle est debout et tient l’Enfant sur un
bras ; sans doute noircie lors de l’institution d’une Confrérie N.D. de Walcourt en 1750.
Saint Feuillen : attribuée à Jean del Cour ou à son école pour les plis du drapé, 135 cm, fin XVIIe ;
chêne déroché, peint en blanc après traitement contre les vers.
Saint Feuillen : pierre de France, très abîmée par les intempéries (autrefois au-dessus du porche) et
des tirs de soldats ; 179 cm, XVIIe s..
Saint Feuillen : pierre d’Ecaussine, Vandecapelle, Bruxelles, 1926, 180 cm., au-dessus du portail
d’entrée de la collégiale.
Saint Feuillen aux feuilles d’acanthes : bois polychrome, vers 1500, 32 cm, sur socle formé d’un
petit chapiteau renversé, 13 cm, du XVIIIe.
Saint Ultain : (1er abbé du monastère des Scots de Fosses) chêne polychrome, 55 cm, XVIe s., avec
livre et colombe ensanglantée rappelant sa vision.
Sainte Brigide : abbesse et patronne d’Irlande, choisie par S. Feuillen comme patronne de Fosses, avec
vache et cheval (protectrice des animaux), 97 cm, vers 1700.
Sainte Brigide : chêne polychrome, avec vache, 77 cm., XVIIe s.
Sainte Julienne de Cornillon : chêne polychrome, 95 cm, vers 1700, avec ostensoir. Sur un socle se
lisait autrefois : « Sainte Julienne, religieuse à Liège, morte à Fosses en 1258, où la fête du T.
Saint Sacrement fut célébrée la 1ère fois l’an 1246 ».
Sainte Julienne : chêne 55 cm, XVIIe s., avec ostensoir rajouté du XVIIIe.
Sainte Julienne : chêne ciré, 108 cm, XIXe s.
Sainte Gertrude : tilleul polychrome, 124 cm, vers 1700, avec livre et souris sur sa crosse abbatiale :
elle est invoquée contre les invasions de rats et mulots (absidiole droite de la crypte).
Sainte Begge : sœur de Ste Gertrude, mère de pépin de Herstal pis fondatrice du monastère
d’Andenne. Bois polychrome, 44 cm, XIXe s.
Sainte Agathe : petite martyre sicilienne dont le culte fut amené à Fosses par S. Feuillen (elle avait une chapelle au lieu-dit Sinton). Chêne déroché vers 1930, 61 cm, fin XVIe s.
Sainte Cécile : bois polychrome, 69 cm, vers 1700 (au jubé).
Saint Hubert : beau groupe sculpté et polychrome, 57x65 cm, XVIIIe s. – Hubert, descendu de cheval
au cours d’une partie de chasse, a la vision d’un cerf porteur d’une croix lumineuse.
Saint Eloi : bois naturel, 69 cm, fin XVIe s., avec enclume et marteau
Saint Roch : chêne naturel, 68 cm, fin XVIe, avec son chien.
Saint Antoine de Padoue : bois polychrome, 90 cm, XVIIe s.
Saint Antoine ermite : chêne, 60 cm, fin XVIe s.
Saint Fiacre : acacia (rare), 68 cm, XVIIIe s. (avec bêche : patron des jardiniers).
Saint Joseph et Enfant Jésus : chêne 95 cm, XVIIIe s..(Enfant plus tardif, rajouté) Draperies superbes.
Sainte Thérèse de Lisieux : chêne, 97 cm, début XXe s.
Saint Adrien : chêne, 65 cm, fin XVIe s.
Travail communiqué par Jean Romain – historien de Fosses